Hachouma

Voici un reportage radio intéressant sur le travail d’une sexologue. Elle nous parle de la Hachouma, de la sexualité dans sa religion qu’elle pratique et ce qu’elle apporte à ses patientes en prise avec ces questions.

http://arteradio.com/son/61657805/hachouma

Bore-out

En lisant un article dans une revue qu’on ne feuillette que d’un air distrait, je suis finalement tombée sur une idée qui a retenu mon attention.

Le terme de bore-out, plus ou moins en opposition avec le burn-out, fait souvent son apparition dans le domaine professionnel. Il décrit un état d’ennui, de sous activité, qui peut être particulièrement dévastateur.

Or je le voyais là appliqué à la vie privée, dans un article parlant des choix amoureux.

Pas inintéressant … alors je développe à ma façon.

Outre le terme anglo-saxon – qui somme toute n’est pas indispensable – il y a la réalité de l’ennui dans le couple. L’ennui en général bien sur, faute de stimulation, de fantaisie, de « je-ne-sais-quoi » qui compte pour vous, mais aussi l’ennui sexuel.

Cela me renvoie à la petite histoire que vous connaissez peut-être : je l’appelle le « MMS du sexe » : au début c’est « matin, midi et soir », puis cela devient « mardi, mercredi et samedi », puis peu à peu, on vit sa sexualité en « mars, mai et septembre » et cela finit par « mes meilleurs souvenirs ».

La raréfaction des relations peut être corrélée à l’ennui, faute de complicité, de créativité, de découverte. Ne jetons pas la pierre : nous n’avons pas tous les mêmes besoins, les mêmes attentes, la même histoire, et cela peut créer peu à peu un décalage. Un couple ne se réduit pas à la sexualité mais si l’écart se creuse, l’ennui peut provoquer une frustration qui minera peu à peu la relation.

Certains vont se résigner et considérer que globalement, il reste un équilibre satisfaisant dans le couple (système de compensation : tendresse, gentillesse, partage des tâches, partage des dépenses, entre autres). D’autres vont se ronger de l’intérieur (idée du bore-out justement), ou trouver l’épanouissement ailleurs. Tout dépendra des personnalités, de la période de vie, du contexte.

Si l’on arrive à prendre conscience de la situation, faire le point sur soi, ses attentes, ses idéaux, si l’on peut en parler à l’autre, en parler si besoin à d’autres, cela ouvrira peut-être une brèche dans ce cercle vicieux de l’ennui et du silence.

 

 

« Sauvagerie » ?

Voici un article proposé par « Psychologies » sur le thème des mots crus, de la « sauvagerie » selon leur expression :

http://www.psychologies.com/Couple/Sexualite/Pratiques-sexuelles/Articles-et-Dossiers/Sexe-oser-un-peu-de-sauvagerie#xtor=CS2-6-%5B18-08-2015%5D-%5B20:30%5D-%5BSexe-oser-sauvagerie%5D

Certains passages méritent lecture, en particulier l’analyse de Jacques André.

Bonne lecture et à bientôt

L’été … c’est le moment !

Une année de travail vient de s’écouler, peut-être une année sans sexualité, ou si peu … c’est le lot d’un certain nombre de personnes seules et de couples qui, pressés par les contraintes de temps, les activités professionnelles, les loisirs (les leurs, ceux des enfants), n’arrivent plus à trouver ce temps de détente pour eux, pour leur couple.

Alors l’été, c’est le moment de se relâcher, de se retrouver.

Si les revues se nourrissent de ce sujet, ce n’est pas un hasard. L’été apporte le temps nécessaire à la détente, et la nudité des corps sur la plage, la chaleur, sont des éléments favorisant ce « lâcher prise » si difficile à obtenir le reste du temps.

Alors si vous le pouvez, bougez, faites vous plaisir, retrouvez votre corps, retrouvez le plaisir, découvrez ou redécouvrez votre partenaire.

Masexologue vous souhaite un bel été.

A bientôt

Le massage : l’art du toucher

Si vous recherchez « massage et sexualité » sur la toile » vous aurez un nombre impressionnant de liens à explorer : massage tantrique, massage érotique, les préliminaires, etc.

Le lien entre massage et sexualité est un thème d’étude bien intéressant. Il faudra que je m’y plonge vraiment un jour … Pour l’instant il s’agit juste de noter quelques remarques, en passant.

Le massage est présent dans de nombreuses cultures, il est lié au bien-être, à la sensualité, la sexualité, ou encore à la spiritualité.

En revanche, le toucher n’a pas eu bonne presse dans nos cultures. Longtemps, tout contact était évité en public, en particulier entre personnes de sexe différent. L’accolade fraternelle n’a jamais vraiment posé problème entre hommes par exemple, mais frôler le corps d’une femme, de la part d’un homme, était il n’y a pas si longtemps, d’une grande indécence.

Aujourd’hui, nous gardons une distance. Nous ne laissons pas facilement les autres entrer dans notre sphère. L’amour, le désir font tomber cette défense.

Le domaine médical est particulier car il oblige chacun d’entre nous, lors d’examens, ou d’interventions médicales, de laisser une ou plusieurs personnes inconnues, franchir cette limite.

Alors dans tout ceci, le massage fait exception. A l’origine, il ne s’agit ni d’amour, ni de désir, ni d’une obligation médicale. On autorise simplement le masseur à entrer dans notre sphère pour plus de détente et de bien-être.

Au sein du couple, le massage peut-être le moyen de se redécouvrir en douceur. Il permet au masseur d’entrer en contact avec le corps de l’autre en lui donnant du plaisir, au sens large. Il fait glisser ses mains, engage son propre corps, explore, propose, mesure ses gestes, donne un rythme … Et cela offre au massé la possibilité de ressentir son corps, de repérer les zones réceptives, de percevoir sur sa peau les mains de l’autre, d’apprécier ses gestes, sa chaleur, sa pression, son rythme.

L’un et l’autre entrent ainsi en relation, chacun à sa manière. Dans le massage, il y a une écoute réciproque et chaque rôle (masseur, massé) est intéressant. Nul besoin d’être expert mais pourquoi, un jour, ne pas aller plus loin en se formant ? Il y a une multitude de choix proposés aux débutants qui souhaitent s’ouvrir à cet art.

Le massage me semble donc être une belle source de découverte et d’entente, un moyen de faire naître l’érotisme au sein du couple.

L’enfant freine t-il la sexualité du couple ?

Le titre est volontairement provocateur. Mais la question est légitime, même si on ne la pose pas toujours directement, ouvertement …

Comme d’habitude, il ne s’agit pas ici de donner d’avis ferme et définitif, juste quelques éléments de réflexion.

Au tout début bien sur, sexualité rime avec enfant. Si tout va bien, une sexualité (épanouie ou pas d’ailleurs) est censée aboutir à une grossesse avec les limites que l’on connaît. Ce peut être le conte de fées : on fait l’amour, c’est un moment fort, de plaisir, la grossesse est facile, on peut continuer les relations sexuelles, l’enfant naît, tout va bien, on reprend les relations sexuelles assez vite, l’organisation est parfaite, le couple sait ménager ses temps de plaisir … etc.

Si, cela existe ! Mais il y a aussi d’autres vécus …

Si l’enfant ne vient pas malgré un fort désir d’enfant, le couple entre alors dans des démarches de PMA (procréation médicalement assistée), de la plus simple à la plus complexe. (Cela méritera un article à part entière). La sexualité devient souvent difficile dans ce contexte, étant ciblée uniquement sur un objectif de reproduction. Le corps et le psychisme sont mis à l’épreuve.

Concernant la grossesse, je vous renvoie à mon article sur ce thème (sexualité et grossesse).

L’accouchement en lui-même peut être un moment difficilement vécu pour chacun. Tout le monde n’idéalise pas cet instant et l’on sait par exemple que certaines expériences ont fait vaciller le désir ultérieur du compagnon / mari. Les théories sont bien diverses sur ce point : aider à l’accouchement ou rester sagement à la tête du lit pour accueillir l’enfant une fois sorti, voire même rester en dehors de la pièce ? Il est urgent en tous cas de veiller à la sensibilité de chacun. Surtout ne rien imposer !

Et quand l’enfant est là … il y a bien sur l’aspect purement physique. Le corps féminin a été éprouvé. Laisser le temps de reprendre ses marques, de retrouver la tonicité du périnée (la kiné est là pour cela, ne l’oubliez pas !) sont des évidences. Combien de temps ? Impossible de répondre à cela, c’est bien trop subjectif. Rien dans l’absolu, à part complications, n’empêche la reprise des rapports pendant ou après les séances de kiné. C’est bien souvent l’aspect psychologique qui intervient. La femme ne se sent parfois pas prête, pas disposée pour cela. Il faudrait en parler, voir ce que représente cet enfant pour elle, un aboutissement ? J’ai déjà entendu une femme dire « A quoi sert le sexe désormais si l’enfant est là et qu’il n’en est pas prévu d’autre ? »

Et puis le baby blues, les problèmes d’organisation quotidienne, l’aide réelle ou relative du (de la) partenaire, etc. Tout cela, bien sur, peut venir perturber la relations sexuelle telle que le couple a pu la vivre avant.

Mais il y a un certain nombre d’aides médicales ou para médicales, (kine, sage femme, médecin, psychologue, sexologue) qui peuvent accompagner la femme et le couple pour les soutenir.

Par ailleurs, je pense qu’il est important de considérer que ceci est un temps de vie, un autre temps qui compte aussi et qui peut être apprécié à juste titre. Le congé maternité est d’ailleurs prévu pour cela. Ce peut être l’occasion de se retrouver, tout en découvrant cette nouvelle vie avec l’enfant.

Viendra un autre temps, celui permettant de renouer avec sa sexualité, peut-être différemment, voire mieux ? Oui, certaines femmes trouvent un autre plaisir, parfois plus fort. Il n’y a pas de règle, aucune fatalité évidemment.

Et après, veillez à ménager un temps pour votre sexualité. Réfléchissez ensemble à ce qui peut être aménagé (une soirée à 2, puis un WE, etc selon l’âge du ou des enfants) … et des moments en journée lorsqu’ils ne sont pas là, c’est bien aussi …

En tous cas, si vous sentez ce désir d’enfant, n’attendez pas trop … si la sexualité est importante pour vous et votre couple, vous saurez la retrouver n’est-ce pas ?

La sexualité pendant la grossesse

A partir du moment où la femme apprend sa grossesse, elle peut être amenée se poser un certain nombre de questions sur sa sexualité. Comment elle et son couple vont-ils vivre les mois qui vont suivre ?

La dimension physique est bien sur très présente. Il y aura des changements corporels, visibles, avec des conséquences directes. Mais c’est aussi l’ensemble des changements psychologiques qu’il convient de prendre en compte. Comment concilier féminité et maternité? Comment se projeter en tant que parent et rester centré sur son désir et sur son couple ?

Chaque couple aura bien sur sa propre spécificité face à cet évènement mais on peut toutefois constater des tendances.

Mac Ganem a quelque peu revisité la théorie de Masters et Jonhson. Ceux-ci parlaient de 3 trimestres : baisse de l’activité sexuelle du couple dans un premier temps, augmentation au 2ème trimestre, puis nouvelle baisse au dernier trimestre de la grossesse.

Marc Ganem nuance un peu les choses en notant que jusqu’à 2 mois 1/2, l’activité sexuelle aurait en effet tendance à baisser. La femme vit un temps d’adaptation, son corps commence à changer, son esprit est occupé par cette nouvelle situation et elle pourrait être encline à se recentrer sur elle-même. On imagine l’enfant, on projette, et parfois on peut aussi avoir peur de « faire du mal » en cette période fragile.

12 à 32 semaine d’aménorrhée … le désir revient, le couple se recentre cette foi-ci sur lui-même, les craintes des 3 premiers mois s’estompent.

Vient le 8ème mois qui toujours selon Marc Ganem, marquerait un tournant : frénésie sexuelle et calme plat peuvent se côtoyer. C’est le moment de découvrir une autre sexualité.

Quant aux derniers mois, il s’agirait d’une période marquante car une forme d’organisation définitive se mettrait en place : recherche de douceur dans la sexualité, difficulté à trouver la position acceptable, perte du lien avec le conjoint dans certains cas du fait d’une position différente, inhabituelle.

Chaque individu arrive avec son niveau d’anxiété, sa perception de la grossesse (plus ou moins bien acceptée et les enjeux qu’il y met. La communication peut s’en trouver fortement perturbée ou au contraire améliorée et cela se traduira de manière très variable sur le plan sexuel.

Là aussi, une création au quotidien …

Addiction

Dans un espace ouvert au public, destiné à la recherche d’emploi, un homme vient régulièrement pour profiter des ordinateurs mis à disposition. Mais peu à peu, ses voisins et les collaborateurs travaillant sur ce site, constatent que cet homme ne lit pas les offres d’emploi mais regarde probablement des films érotiques tout en se masturbant. Depuis il n’y a plus d’ordinateurs dans la salle …

Cette histoire (vraie) est un exemple d’intrusion de l’intime dans le cadre professionnel. Elle m’a donné l’idée d’écrire un petit mot sur l’addiction, même si rien ne me permet de dire que cet homme souffre d’addiction. En tous cas, cela m’a renvoyée au film « Shame » présentant particulièrement bien ce thème.

Quelques rappels étymologiques tout d’abord : cela apporte toujours un éclairage.

A l’origine (latine) ad-dicere signifie « dire à » au sens d’attribuer quelqu’un à une autre personne. C’est un terme qui correspondait dans le droit romain ancien puis au Moyen-Âge en Europe, à un arrêt du juge, désignant une « contrainte par corps ». Si un sujet n’était plus capable d’assumer les responsabilités et les dettes contractées à l’égard d’un plaignant, il était mis à disposition de ce dernier : un esclavage en somme.

Employé de façon courante par les Anglo-Saxons (to be addict to signifie « s’adonner à »), le terme d’addiction a surtout été utilisé en France dès 1990 dans le domaine de la psychopathologie.

 L’addiction sexuelle fait partie des addictions dites comportementales. Le processus est le suivant : répétition de la conduite, plaisir, manque, soulagement, centration, souffrance, tentatives d’arrêt infructueuses.
On considère que la dépendance devient pathologique à partir du moment où elle envahit l’existence du sujet au point de devenir le principal centre de préoccupation au détriment d’autres investissements affectifs, relationnels, sociaux, professionnels, familiaux, etc.
C’est cette dépendance pathologique qui amène les personnes à demander de l’aide pour s’en libérer.
Il sera alors important de resituer les symptômes dans la problématique personnelle de l’individu et de son histoire pour une recherche de sens. D’autres thérapeutes se concentreront uniquement sur les symptômes pour les enrayer et ainsi mettre fin à l’addiction.
Un lien est souvent constaté entre traumatisme et addiction. En cela l’EMDR ou l’hypnose sont des formes de traitement assez fréquemment proposées.
Je ne développerai pas ici le lien entre addiction et vie professionnelle mais il y aura des choses à dire. J’y reviendrai.
Pour aller plus loin :« les nouvelles formes d’addiction » (2004) de M. Valleur et J.C. Matysiak qui présentent, entre autres, la relation amoureuse addictive, l’addiction au sexe et l’addiction au crime

Bible, nudité, intimité

Dans la Bible, « découvrir la nudité » est utilisé à plusieurs reprises. Il s’agit d’un euphémisme pour décrire une relation sexuelle. Et cette nudité à ne pas dévoiler peut prendre le nom d’Erva (cf. Levitique) qui désigne littéralement la zone génitale. Il s’agit d’un mot hébreux dont la racine, commune à d’autres mots, amène plusieurs réflexions.

Ce terme désigne généralement l’organe sexuel masculin ou féminin mais la racine peut prendre des significations plus éloignées, renvoyant en particulier à l’idée d’écoulement de fluide (eau ou sang). Et curieusement, ce terme Erva signifie « eau courante » en gallois.

Certaines expressions bibliques utilisent Erva dans un sens différent : un mari peut par exemple répudier sa femme s’il trouve en elle « erva davar » c’est à dire un fait d’erva : une malséance, une faiblesse. Cela renverrait donc à une vulnérabilité, une faille, une fissure.

Organe génital, nudité, écoulement, faille … on constate que cette racine évoque l’orifice ou la fissure par laquelle peut s’écouler un liquide. Il s’agit également d’un lieu secret ou lieu qui secrète ! L’étymologie est commune en français : secrétio (séparation).

(J’en profite pour rappeler que sécarer (couper) a généré le terme sexualité).

Le lieu de la sécrétion est un point de jonction entre l’intérieur et l’extérieur. Erva pourrait donc se traduire « zone de sécrétion », lieu de passage. Le caché devient visible, le secret est dévoilé, le dissimulé est dénudé. Le risque est alors une « exposition sans médiation » de ce qui était caché. Les frontières disparaissent.

Progressivement, dans les textes ultérieurs, Erva ne qualifiera plus que l’organe sexuel féminin ou tout ce qui est en lien avec la sexualité féminine. Progressivement, seule la femme sera nue. On retrouve ce glissement en arabe : Farj désigne au départ le sexe de l’homme et de la femme, puis peu à peu ne décrira plus que l’organe féminin. Progressivement, la nudité devient féminine.

Par la suite, le terme Erva correspondra à d’autres parties du corps féminin dont l’exposition constitue potentiellement une suggestion sexuelle. Est ainsi définie comme nudité toute partie découverte susceptible de provoquer l’émoi de l’homme qui la voit ou l’entend (voix, chevelure, peau) d’où le besoin de couvrir, de taire, pour éviter toute stimulation.

La femme devient donc largement « erva-tique » un être secret, sécrétant dont la surface, comme une muqueuse, trahit l’intérieur du corps, presque un être sans peau, incapable de cacher son intérieur.

Ces quelques réflexions tirées de l’ouvrage de Delphine Horvilleur, « En tenue d’Eve« , donnent matière à penser …

(cf. également l’ouvrage du Moi-Peau » Anzieu sur la notion de frontière)