Sexe 3.0 : sur ARTE

Encore un très bon documentaire d’ARTE sur un sujet que j’ai souvent abordé dans la presse : une façon d’approfondir ce thème en présentant un état des lieux et des analyses sociologiques, psychologiques de ce sujet.

https://www.arte.tv/fr/videos/072493-000-A/sexe-et-amour-3-0/

A rajouter par rapport à ce qui est dit dans le documentaire : une « maison close » de poupées sexuelles a également ouvert à Paris dans le 14ème arrondissement ce qui a suscité plusieurs débats.

(Sur ce thème, voir en particulier mon article sur Economie matin)

 

Bore-out

En lisant un article dans une revue qu’on ne feuillette que d’un air distrait, je suis finalement tombée sur une idée qui a retenu mon attention.

Le terme de bore-out, plus ou moins en opposition avec le burn-out, fait souvent son apparition dans le domaine professionnel. Il décrit un état d’ennui, de sous activité, qui peut être particulièrement dévastateur.

Or je le voyais là appliqué à la vie privée, dans un article parlant des choix amoureux.

Pas inintéressant … alors je développe à ma façon.

Outre le terme anglo-saxon – qui somme toute n’est pas indispensable – il y a la réalité de l’ennui dans le couple. L’ennui en général bien sur, faute de stimulation, de fantaisie, de « je-ne-sais-quoi » qui compte pour vous, mais aussi l’ennui sexuel.

Cela me renvoie à la petite histoire que vous connaissez peut-être : je l’appelle le « MMS du sexe » : au début c’est « matin, midi et soir », puis cela devient « mardi, mercredi et samedi », puis peu à peu, on vit sa sexualité en « mars, mai et septembre » et cela finit par « mes meilleurs souvenirs ».

La raréfaction des relations peut être corrélée à l’ennui, faute de complicité, de créativité, de découverte. Ne jetons pas la pierre : nous n’avons pas tous les mêmes besoins, les mêmes attentes, la même histoire, et cela peut créer peu à peu un décalage. Un couple ne se réduit pas à la sexualité mais si l’écart se creuse, l’ennui peut provoquer une frustration qui minera peu à peu la relation.

Certains vont se résigner et considérer que globalement, il reste un équilibre satisfaisant dans le couple (système de compensation : tendresse, gentillesse, partage des tâches, partage des dépenses, entre autres). D’autres vont se ronger de l’intérieur (idée du bore-out justement), ou trouver l’épanouissement ailleurs. Tout dépendra des personnalités, de la période de vie, du contexte.

Si l’on arrive à prendre conscience de la situation, faire le point sur soi, ses attentes, ses idéaux, si l’on peut en parler à l’autre, en parler si besoin à d’autres, cela ouvrira peut-être une brèche dans ce cercle vicieux de l’ennui et du silence.

 

 

Plaisir et équilibre en 2016

Nous avons parlé du changement il y a quelques jours, maintenant que vous y avez (peut-être) réfléchi, place à l’action pour 2016 !

Je souhaite à mes lecteurs actuels et futurs, une excellente année 2016 avec de la joie, de l’écoute, des projets.

Que la santé vous accompagne tout au long de cette année, que l’équilibre soit au rendez-vous.

Puissiez-vous profiter de la vie et des plaisirs qu’elle offre, puissiez vous aussi surmonter au mieux les épreuves, si celles-ci viennent sur votre route.

Je continuerai à vous proposer quelques articles afin de vous accompagner dans vos réflexions sur la sexualité, le couple, l’accompagnement thérapeutique.

Encore bonne année et à bientôt

« Masexologue »

 

Tableau : Henri Matisse

Deuil

Il s’agit hélas d’un sujet d’actualité. Mais si j’en parle ici, c’est également parce que j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de parler de ce processus de deuil ces derniers temps, pour tout autre chose.

Le deuil peut être celui d’un conjoint décédé ou celui que l’on a perdu de vue, brusquement, suite à une rupture. La situation ne sera pas vécue de la même manière bien entendu mais dans les deux cas il y aura un processus de deuil.

Il y avait un couple, une famille même, et la maladie emporte l’un des deux, sans raison. Cette perte de sens, ce sentiment d’injustice, sont ressentis par celui qui reste. « Pourquoi cela m’arrive-t-il ? »

Le retour à une vie sereine après un tel évènement peut prendre du temps, beaucoup de temps. Il y a la date anniversaire du mariage ou de la rencontre, l’anniversaire du conjoint disparu, l’anniversaire de sa mort, … tous ces temps qui viennent raviver la douleur, la conscience de ce ce manque terrible, impossible à combler.

Lors d’une rupture, il y a également ce travail à faire pour se détacher peu à peu de celui ou celle que l’on a aimé. Selon le vécu du couple, ce peut être un déchirement, nécessitant ensuite un travail de longue haleine. Certains avouent avoir mis des années avant de pouvoir se lier, de nouveau.

Parfois, le manque physique vient s’ajouter à la douleur morale. L’absence du corps de l’autre est intolérable : ses bras, ses gestes, son odeur, le souvenir d’une sexualité vivante, nourrissante … puis tout à coup, plus rien, et personne ne pourra combler ce vide.

Elisabeth Kübler Ross a consacré une grande partie de sa vie à cette question du deuil. La courbe ci-dessous a été largement utilisée, y compris par les coachs et consultants professionnels. Elle permet en effet de visualiser ce processus, de se positionner, et cela aide peut-être à se projeter en se disant qu’une reconstruction sera possible, qu’il faut laisser du temps.

Chacun aura son rythme.

Courbe deuil

Doc réalisé par « masexologue » inspiré des travaux d’E. Kübler Ross

L’été … c’est le moment !

Une année de travail vient de s’écouler, peut-être une année sans sexualité, ou si peu … c’est le lot d’un certain nombre de personnes seules et de couples qui, pressés par les contraintes de temps, les activités professionnelles, les loisirs (les leurs, ceux des enfants), n’arrivent plus à trouver ce temps de détente pour eux, pour leur couple.

Alors l’été, c’est le moment de se relâcher, de se retrouver.

Si les revues se nourrissent de ce sujet, ce n’est pas un hasard. L’été apporte le temps nécessaire à la détente, et la nudité des corps sur la plage, la chaleur, sont des éléments favorisant ce « lâcher prise » si difficile à obtenir le reste du temps.

Alors si vous le pouvez, bougez, faites vous plaisir, retrouvez votre corps, retrouvez le plaisir, découvrez ou redécouvrez votre partenaire.

Masexologue vous souhaite un bel été.

A bientôt

Le jeu

Le jeu en sexualité, voilà encore un large sujet que je n’aborderai que par le petit bout de la lorgnette ce  jour. Le jeu n’est pas indispensable pour la sexualité, non, on peut s’en passer. Le sexe n’amuse pas tout le monde d’ailleurs …

Alors le jeu serait plutôt à mettre dans la sphère de l’érotisme. Si certains adorent jouer, d’autres n’y pensent pas, tout simplement, ou n’osent pas. Certains diront que le sexe « c’est sérieux », il y a des sentiments, on ne peut pas faire n’importe quoi … Certes, mais cela n’empêche pas d’ouvrir une parenthèse ludique, à deux, et de la refermer ensuite. Le jeu ouvre des portes, permet de prendre des rôles que l’on n’ose pas prendre « dans la vraie vie ».

Certains couples vont assez loin dans ces jeux. La condition ? Que les deux soient d’accord et là les choses sont parfois complexes. Certaines personnes ont des limites, à commencer par le dégoût qui peut reprendre le dessus (tout un sujet là aussi, le dégoût). Il y a également tous les interdits intégrés culturellement, ou ceux que l’on s’est construits. Tout cela est à respecter.

Alors il faudrait pouvoir en parler, tester en douceur, imaginer à deux …

Et quel terrain de jeu dans ce cas !

Les conséquences du chômage

Michel DEBOUT a sorti le 15 janvier son livre « Le traumatisme du chômage » (éditions de l’atelier) . Cela a fait l’objet de plusieurs émissions sur les radios et je citerai « Priorité santé » (RFI) – lien ci-dessous – ou encore « carnet de Santé » (France Inter) ce samedi 24 janvier.

Lorsqu’on accompagne des cadres en activité ou en recherche d’emploi, on connait bien les phénomènes décrits par Michel DEBOUT. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai souhaité faire une étude sur les impacts de chocs professionnels, tel le chômage, sur la vie personnelle et la sexualité.

Ce chômage peut en effet être considéré comme un moment traumatique, à commencer par l’annonce de la rupture. Nous retrouvons alors dans ce tableau post traumatique une forte culpabilité, un sentiment d’anéantissement, l’impression de chaos, la perte de confiance en soi, la perte identitaire.

Toute la sphère relationnelle étant touchée, il ne sera alors pas étonnant de voir les patients souffrir de troubles sexuels et plus globalement de problèmes de couples.

Si le lien social se délite, si l’environnement n’est pas protecteur, les risques sont nombreux : dépression, addictions, maladies psychosomatiques, voire suicide.

Mais le chômage, une fois le choc passé, peut aussi être l’occasion de reconstruire sa vie personnelle : plus de temps pour soi, possibilité de s’épanouir à travers des activités sportives ou artistiques, disponibilité pour sa famille et son couple.

Il est temps en tout cas qu’on en parle. Comme le regrette Michel DEBOUT, et comme j’ai pu le constater également, il semble que cette question n’intéresse pas grand monde …

http://www.rfi.fr/emission/20150115-le-traumatisme-chomage/

« Casier conjugal »

En référence au casier judiciaire sur lequel s’inscrit les peines, ou encore le casier du pêcheur qui se charge, le casier conjugal (selon mon interprétation absolument pas juridique) serait ce cumul de charges et de peines que traîne parfois le couple, sans réussir à s’en acquitter.

De la veille rancoeur à la dernière parole maladroite, en passant par l’insatisfaction sexuelle chronique, ce casier peut finir par empoisonner l’existence du couple et le mener à sa ruine.

La nature du lien, son existence, même ténue, sera à apprécier par le thérapeute. S’il est suffisamment fort, il pourra constituer une base pour reconstruire le couple à la demande des deux partenaires. Il peut s’agir d’un désir encore vivace, de la confiance toujours là, d’une tendresse perceptible, etc.

La sexualité est parfois restée vivante malgré les conflits. S’il ne reste ni désir, ni tendresse, ni baiser, ni geste attentionné, si le lien n’est plus que social, un lien d’apparat, certes, le couple peut continuer à vivre mais pour lui redonner du brillant, de la joie partagée, il faudra beaucoup de volonté de part et d’autre.

Il est toujours intéressant pour ce travail de repartir de la rencontre, de ce qui a fait lien tout au début, de retrouver ces premières émotions et envies, les premiers émois … des souvenirs et des ressentis passés qui pourront peut-être permettre de refaire surface, après quelques plongées dans les eaux profondes du couple et de chacun.

Sexe et couple

« Le sexe : c’est le deuxième outil du couple pour son rapprochement, une fonction qui doit être partagée pour être pleinement vécue »

« Avez-vous la même conception de la sexualité, des désirs comparables ou complémentaires, et une maturation érotique suffisante ? Il n’y a pas de norme en matière de sexualité , mais plutôt des niveaux de maturation et d’exigence personnelle, qui sont parfois proches, parfois incompatibles. Le point d’achoppement le plus habituel est une illusion sur la fréquence des rapports : « Il voudrait tous les jours et moi je suis bien sans ça ». Cette fréquence alléguée par les hommes comme un besoin recouvre d’autres réalités : la méconnaissance de la sexualité en tant qu’aboutissement relationnel et non comme assouvissement personnel, méconnaissance aussi de la nature du désir et du ressenti féminin. Si le dialogue est conflictuel voire impossible sur cette question intime, il est assez simple de consulter un sexologue, médecin ou non, formé à cette compréhension. Il permettra dans la plupart des cas de dépasser ce malentendu. »

Extrait de « Inventer le couple » – Philippe BRENOT – Odile Jacob – 2003 – p 196