Plaisir et équilibre en 2016

Nous avons parlé du changement il y a quelques jours, maintenant que vous y avez (peut-être) réfléchi, place à l’action pour 2016 !

Je souhaite à mes lecteurs actuels et futurs, une excellente année 2016 avec de la joie, de l’écoute, des projets.

Que la santé vous accompagne tout au long de cette année, que l’équilibre soit au rendez-vous.

Puissiez-vous profiter de la vie et des plaisirs qu’elle offre, puissiez vous aussi surmonter au mieux les épreuves, si celles-ci viennent sur votre route.

Je continuerai à vous proposer quelques articles afin de vous accompagner dans vos réflexions sur la sexualité, le couple, l’accompagnement thérapeutique.

Encore bonne année et à bientôt

« Masexologue »

 

Tableau : Henri Matisse

« Sauvagerie » ?

Voici un article proposé par « Psychologies » sur le thème des mots crus, de la « sauvagerie » selon leur expression :

http://www.psychologies.com/Couple/Sexualite/Pratiques-sexuelles/Articles-et-Dossiers/Sexe-oser-un-peu-de-sauvagerie#xtor=CS2-6-%5B18-08-2015%5D-%5B20:30%5D-%5BSexe-oser-sauvagerie%5D

Certains passages méritent lecture, en particulier l’analyse de Jacques André.

Bonne lecture et à bientôt

Fantasmes

Ce mot regroupe tellement de choses qu’il n’est pas inutile de commencer par une définition. On en trouvera de multiples dans différents ouvrages mais je garderai ceci : « Représentation imaginaire traduisant des désirs plus ou moins conscients ». Les fantasmes peuvent en effet être conscients [rêveries diurnes, projets] ou inconscients [rêves, symptômes …]. En psychanalyse, on parle de scénario imaginaire dans lequel le sujet se met en scène. Il vise généralement l’accomplissement d’un désir inconscient.

En matière de sexualité, le fantasme est bien sur un terme souvent utilisé. Il s’agit essentiellement du fantasme conscient, celui qui vient perturber ou pimenter les pensées et les actes. Les fantasmes font parfois peur à leur auteurs : « comment puis-je avoir de telles pensées, me mettre ainsi en scène, ou traiter ainsi, même en pensée, la personne que j’aime ? » Cela peut amener certains patients à consulter, surtout les jeunes qui n’ont pas encore apprivoisé ces images intrusives.

D’autres semblent ne pas en avoir, ou très peu. Peut-être sont-ils enfouis ? En tous cas, ils paraissent totalement inavouables.

Reste la question du passage à l’acte. La définition dit bien « représentation ou scénario imaginaire ». Il peut être tout à fait satisfaisant d’en rester là. Le fantasme joue alors son rôle d’excitant, il peut rester secret, lové dans l’esprit de celui qui le conçoit, être le support d’une excitation, seul ou avec le/la partenaire. Il peut encore être exprimé, partagé, mis en mots. Et enfin, il peut être vécu, mis en oeuvre cette fois-ci, mais il faut dans ce cas avoir la capacité d’assumer cet acte par la suite. Si l’on s’engage seul, on assume seul cette responsabilité. Si l’on s’engage à deux, cela peut devenir plus complexe. Il faut que les deux l’assument. Dialogue et réflexion sur les conséquences du passage à l’acte sont donc nécessaires.

Je ne donnerai pas d’exemples, je vous laisse à votre imagination. Car c’est bien la force du fantasme : il stimule la créativité, contrairement à la pornographie qui impose des images  « toutes faites ». Bien sur, ces fantasmes se nourriront des images vues, de moments vécus, mais aussi de ceux que l’on aurait pu vivre et que l’on imagine. Bonne créativité.

Le massage : l’art du toucher

Si vous recherchez « massage et sexualité » sur la toile » vous aurez un nombre impressionnant de liens à explorer : massage tantrique, massage érotique, les préliminaires, etc.

Le lien entre massage et sexualité est un thème d’étude bien intéressant. Il faudra que je m’y plonge vraiment un jour … Pour l’instant il s’agit juste de noter quelques remarques, en passant.

Le massage est présent dans de nombreuses cultures, il est lié au bien-être, à la sensualité, la sexualité, ou encore à la spiritualité.

En revanche, le toucher n’a pas eu bonne presse dans nos cultures. Longtemps, tout contact était évité en public, en particulier entre personnes de sexe différent. L’accolade fraternelle n’a jamais vraiment posé problème entre hommes par exemple, mais frôler le corps d’une femme, de la part d’un homme, était il n’y a pas si longtemps, d’une grande indécence.

Aujourd’hui, nous gardons une distance. Nous ne laissons pas facilement les autres entrer dans notre sphère. L’amour, le désir font tomber cette défense.

Le domaine médical est particulier car il oblige chacun d’entre nous, lors d’examens, ou d’interventions médicales, de laisser une ou plusieurs personnes inconnues, franchir cette limite.

Alors dans tout ceci, le massage fait exception. A l’origine, il ne s’agit ni d’amour, ni de désir, ni d’une obligation médicale. On autorise simplement le masseur à entrer dans notre sphère pour plus de détente et de bien-être.

Au sein du couple, le massage peut-être le moyen de se redécouvrir en douceur. Il permet au masseur d’entrer en contact avec le corps de l’autre en lui donnant du plaisir, au sens large. Il fait glisser ses mains, engage son propre corps, explore, propose, mesure ses gestes, donne un rythme … Et cela offre au massé la possibilité de ressentir son corps, de repérer les zones réceptives, de percevoir sur sa peau les mains de l’autre, d’apprécier ses gestes, sa chaleur, sa pression, son rythme.

L’un et l’autre entrent ainsi en relation, chacun à sa manière. Dans le massage, il y a une écoute réciproque et chaque rôle (masseur, massé) est intéressant. Nul besoin d’être expert mais pourquoi, un jour, ne pas aller plus loin en se formant ? Il y a une multitude de choix proposés aux débutants qui souhaitent s’ouvrir à cet art.

Le massage me semble donc être une belle source de découverte et d’entente, un moyen de faire naître l’érotisme au sein du couple.

Les 4 phases de Masters et Johnson

Vous avez sans doute déjà entendu parler de ces 4 phases qui constituent ce qu’on appelle la « réponse sexuelle » qu’elle soit masculine ou féminine.

Dans les années 60, Masters et Johnson ont mené des études en laboratoire et fait paraître des ouvrages en matière de sexologie. Cela constituait un grand pas dans la compréhension de la sexualité humaine (sur un plan physiologique).

Les 4 phases décrites par ces deux thérapeutes permettent de « séquencer « cette réponse sexuelle de la manière suivante :

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Je trouve ce schéma intéressant car il intègre la possibilité d’un nouvel orgasme, souvent oublié dans les schémas classiques. C’est certes un schéma plus féminin puisque l’homme quant à lui aura besoin d’un temps de transition plus long alors que la femme peut, potentiellement, enchaîner plusieurs orgasmes successifs.

Voici les grandes lignes, sans entrer dans le détail de tous les phénomènes observables.

La phase d’excitation, courbe ascendante que vous voyez ci-dessus, est déclenchée par le désir. Elle se caractérise par un certain nombre de phénomènes (différents chez l’homme et la femme) : érection, lubrification pour n’en citer que quelques uns. Cette excitation implique une stimulation, psychogène (visuelle, auditive, olfactive ou intrapsychique), ou stimulation directe des zones érogènes (organes génitaux bien sur mais aussi toute zone du corps provoquant une excitation)

Vient ensuite la phase de plateau qui a une « durée variable », impliquant le maintient de l’excitation. On constate là aussi un ensemble de phénomènes. Cette phase de plateau peut être longue chez la femme et parfois se maintenir au delà de l’orgasme d’où la possibilité d’orgasmes multiples. Chez l’homme, cette phase correspond à l’érection permettant la pénétration.

Vient ensuite (si tout va bien, dans le cycle « classique »), le « réflexe orgasmique » résultante de la stimulation des zones érogènes dîtes primaires à savoir le clitoris, le vagin, le gland du pénis. Notez qu’en parlant de réflexe, on considère qu’il n’y a pas de contrôle à ce niveau d’excitation.

Comme vous le savez, un certain nombre de points restent discutés en matière d’orgasme, en particulier féminin.

L’orgasme se manifeste également par un ensemble de phénomènes physiques (contractions, accélération du rythme cardiaque, sans oublier la sensation de plaisir et bien-être.)

Vient enfin la phase de résolution, ou détumescence qui se caractérise par le retour à la normale de tous les phénomènes précédents, avec la phase de latence, ou phase réfractaire, qui constitue une sorte de pause nécessaire avant toute reprise d’excitation. Cette phase est brève et stable pour la femme, tout au long de la vie. Chez l’homme au contraire, cette durée tendra à s’allonger avec l’âge. Ces messieurs auront donc besoin d’un peu plus de temps pour retrouver leur excitation.

Gardez toujours à l’esprit que tout ceci constitue un schéma général, une théorisation qui a permis (et permet encore) de comprendre nos fonctionnements sexuels mais toutes les variantes sont ensuite possibles selon les dispositions physiques et psychologiques de chacun.

L’enfant freine t-il la sexualité du couple ?

Le titre est volontairement provocateur. Mais la question est légitime, même si on ne la pose pas toujours directement, ouvertement …

Comme d’habitude, il ne s’agit pas ici de donner d’avis ferme et définitif, juste quelques éléments de réflexion.

Au tout début bien sur, sexualité rime avec enfant. Si tout va bien, une sexualité (épanouie ou pas d’ailleurs) est censée aboutir à une grossesse avec les limites que l’on connaît. Ce peut être le conte de fées : on fait l’amour, c’est un moment fort, de plaisir, la grossesse est facile, on peut continuer les relations sexuelles, l’enfant naît, tout va bien, on reprend les relations sexuelles assez vite, l’organisation est parfaite, le couple sait ménager ses temps de plaisir … etc.

Si, cela existe ! Mais il y a aussi d’autres vécus …

Si l’enfant ne vient pas malgré un fort désir d’enfant, le couple entre alors dans des démarches de PMA (procréation médicalement assistée), de la plus simple à la plus complexe. (Cela méritera un article à part entière). La sexualité devient souvent difficile dans ce contexte, étant ciblée uniquement sur un objectif de reproduction. Le corps et le psychisme sont mis à l’épreuve.

Concernant la grossesse, je vous renvoie à mon article sur ce thème (sexualité et grossesse).

L’accouchement en lui-même peut être un moment difficilement vécu pour chacun. Tout le monde n’idéalise pas cet instant et l’on sait par exemple que certaines expériences ont fait vaciller le désir ultérieur du compagnon / mari. Les théories sont bien diverses sur ce point : aider à l’accouchement ou rester sagement à la tête du lit pour accueillir l’enfant une fois sorti, voire même rester en dehors de la pièce ? Il est urgent en tous cas de veiller à la sensibilité de chacun. Surtout ne rien imposer !

Et quand l’enfant est là … il y a bien sur l’aspect purement physique. Le corps féminin a été éprouvé. Laisser le temps de reprendre ses marques, de retrouver la tonicité du périnée (la kiné est là pour cela, ne l’oubliez pas !) sont des évidences. Combien de temps ? Impossible de répondre à cela, c’est bien trop subjectif. Rien dans l’absolu, à part complications, n’empêche la reprise des rapports pendant ou après les séances de kiné. C’est bien souvent l’aspect psychologique qui intervient. La femme ne se sent parfois pas prête, pas disposée pour cela. Il faudrait en parler, voir ce que représente cet enfant pour elle, un aboutissement ? J’ai déjà entendu une femme dire « A quoi sert le sexe désormais si l’enfant est là et qu’il n’en est pas prévu d’autre ? »

Et puis le baby blues, les problèmes d’organisation quotidienne, l’aide réelle ou relative du (de la) partenaire, etc. Tout cela, bien sur, peut venir perturber la relations sexuelle telle que le couple a pu la vivre avant.

Mais il y a un certain nombre d’aides médicales ou para médicales, (kine, sage femme, médecin, psychologue, sexologue) qui peuvent accompagner la femme et le couple pour les soutenir.

Par ailleurs, je pense qu’il est important de considérer que ceci est un temps de vie, un autre temps qui compte aussi et qui peut être apprécié à juste titre. Le congé maternité est d’ailleurs prévu pour cela. Ce peut être l’occasion de se retrouver, tout en découvrant cette nouvelle vie avec l’enfant.

Viendra un autre temps, celui permettant de renouer avec sa sexualité, peut-être différemment, voire mieux ? Oui, certaines femmes trouvent un autre plaisir, parfois plus fort. Il n’y a pas de règle, aucune fatalité évidemment.

Et après, veillez à ménager un temps pour votre sexualité. Réfléchissez ensemble à ce qui peut être aménagé (une soirée à 2, puis un WE, etc selon l’âge du ou des enfants) … et des moments en journée lorsqu’ils ne sont pas là, c’est bien aussi …

En tous cas, si vous sentez ce désir d’enfant, n’attendez pas trop … si la sexualité est importante pour vous et votre couple, vous saurez la retrouver n’est-ce pas ?

Le jeu

Le jeu en sexualité, voilà encore un large sujet que je n’aborderai que par le petit bout de la lorgnette ce  jour. Le jeu n’est pas indispensable pour la sexualité, non, on peut s’en passer. Le sexe n’amuse pas tout le monde d’ailleurs …

Alors le jeu serait plutôt à mettre dans la sphère de l’érotisme. Si certains adorent jouer, d’autres n’y pensent pas, tout simplement, ou n’osent pas. Certains diront que le sexe « c’est sérieux », il y a des sentiments, on ne peut pas faire n’importe quoi … Certes, mais cela n’empêche pas d’ouvrir une parenthèse ludique, à deux, et de la refermer ensuite. Le jeu ouvre des portes, permet de prendre des rôles que l’on n’ose pas prendre « dans la vraie vie ».

Certains couples vont assez loin dans ces jeux. La condition ? Que les deux soient d’accord et là les choses sont parfois complexes. Certaines personnes ont des limites, à commencer par le dégoût qui peut reprendre le dessus (tout un sujet là aussi, le dégoût). Il y a également tous les interdits intégrés culturellement, ou ceux que l’on s’est construits. Tout cela est à respecter.

Alors il faudrait pouvoir en parler, tester en douceur, imaginer à deux …

Et quel terrain de jeu dans ce cas !

« Indésirables » : un film sur l’assistance sexuelle

« Indésirables » de Philippe Barassat est sorti hier, mercredi 18 mars, dans les salles françaises. Son thème ? L’assistance sexuelle aux personnes handicapées.

« Aldo (Jeremie Elkaïm), pour payer les études de sa fiancée Lucie (Valentine Catzéflis) et leur appartement, est amené, en partie par son métier d’infirmier, à servir d’assistant sexuel pour des personnes lourdement handicapées. Entre assistanat sexuel (…) et prostitution la marge est subtile. » Nous dit le résumé sur la page internet (cf. ci-dessous le lien pour accéder à cette page).

http://www.indesirables.fr/

En effet, nous sommes ici dans un débat qui dure depuis plusieurs années.

En 2013, le film « The Sessions » avait déjà abordé le sujet. Au même moment, un député de l’Essonne relancera d’ailleurs ce débat, aussitôt clos par un sénateur qui parlera « d’atteinte inacceptable à la dignité humaine ».

Il faut savoir que cette profession est reconnue dans certains pays : Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Italie, Autriche … des formations sont prévues et ces personnes peuvent exercer en toute légalité alors qu’en France, cette activité reste assimilée à de la prostitution.

Le sujet a de quoi diviser : d’un côté, la notion de droit au désir, à la sensualité, et même tout simplement à la tendresse, au contact des corps. De l’autre, la prostitution et son illégalité, pour des raison qui peuvent aussi se justifier : le corps n’est pas censé être l’objet de transactions financières.

Il y a une forme de conflit de droit(s) que l’on n’arrive pas à résoudre en France.

Rappelons en effet la définition de la Santé sexuelle, liée aux Droits de l’homme : « La Santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité. Elle requiert une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles qui soient sources de plaisir et sans risque, libres de toute coercition, discrimination ou violence. » (*)

Mais comme je le disais dans mon article du 10 juillet 2014 sur la Santé sexuelle, jusqu’où va-t-on ? Doit-on mettre de ce fait en oeuvre les moyens d’accorder ce droit à tous les citoyens ? C’est ce que considèrent les nombreuses associations qui militent pour le libre exercice de cette profession d’assistant sexuel, au bénéfice des personnes handicapées.

Voilà pourquoi le sujet est si délicat. Au milieu de ces contradictions, on a l’impression qu’aucune solution ne sera idéale. Alors il reste à réfléchir et éventuellement prendre position selon vos valeurs, vos critères, votre sensibilité.

Je vous laisse à votre réflexion …

* Pour en savoir plus, consulter la Chaire de Santé Sexuelle et Droits Humains de l’UNESCO sur internet